Quand j’ai découvert le Sovereign Advisory pour la première fois, j’ai été fasciné.

L’idée de conseiller un gouvernement, d’analyser la soutenabilité d’une dette publique, de participer à des décisions capables d’influencer l’avenir d’un pays… tout ça me paraissait presque irréel. C’était un monde prestigieux, réservé à une poignée de candidats capables de franchir une sélection impitoyable.

Mais très vite, je me suis retrouvé face à la même question que tout le monde : par où commencer ?

Je me noyais dans les rapports, je révisais la macroéconomie, je passais des heures à essayer d’anticiper ce qui pourrait tomber en entretien. Et plus je travaillais, plus je sentais la frustration : je faisais des efforts, mais sans jamais savoir si j’allais dans la bonne direction.

C’est ce moment que beaucoup redoutent : le décalage entre le rêve et la préparation.
Certains finissent par s’épuiser, d’autres par abandonner. Pas parce qu’ils manquent de talent, mais parce qu’ils manquent de clarté.

Avec le temps, j’ai compris que ceux qui réussissent ne sont pas forcément les plus brillants. Mais ils ont une longueur d’avance : ils savent à l’avance ce que les recruteurs testent, et ils s’entraînent sur l’essentiel.

C’est ce qui permet de transformer une ambition floue en trajectoire concrète.

Parce qu’une ambition seule reste un rêve.
Mais une ambition guidée devient une réussite.

À ta réussite,

L’équipe Breaking Into Sovereign

L’étude de cas de la semaine

Barbade (2022) : le « Blue Facility » et l’innovation en dette bleue

En 2022, la Barbade a marqué l’actualité financière internationale avec une opération originale mêlant restructuration de dette et engagement environnemental. L’île, dont l’économie repose largement sur le tourisme et les ressources marines, avait été durement touchée par la pandémie de Covid-19. La dette publique, déjà élevée, avait été alourdie par des investissements liés à la conservation des océans et à l’adaptation climatique. Pour alléger ce fardeau et dégager de nouvelles marges de manœuvre, le gouvernement a mis en place un mécanisme innovant : la co-guaranteed Blue Facility, une émission d’environ 146,5 millions de dollars adossée à des engagements environnementaux.

L’opération reposait sur une structure duale : une tranche en dollars américains financée par l’émission d’« obligations bleues » sur les marchés internationaux, arrangée par Credit Suisse, et une tranche en dollars barbadien, souscrite par une banque locale (CIBC FirstCaribbean). La moitié de l’opération était garantie par la Banque interaméricaine de développement (BID), et l’autre moitié par le Nature Conservancy (TNC), ce qui permettait à l’ensemble de bénéficier d’une notation AAA. Les obligations en dollars ont été divisées en deux instruments : un emprunt de 49 millions de dollars sur 15 ans garanti par la BID, et un emprunt de 24 millions de dollars sur 7 ans garanti par TNC.

Les fonds levés ont été utilisés pour racheter une partie des obligations en dollars arrivant à échéance en 2029 ainsi que des obligations domestiques venant à échéance en 2043. Grâce à des taux plus avantageux, l’opération a permis de générer environ 50 millions de dollars d’économies fiscales sur 15 ans. Une clause spécifique liée à la pandémie a été incluse, offrant la possibilité de différer les paiements de principal de deux ans en cas de nouvelle crise sanitaire, preuve de l’attention portée à la soutenabilité et à la résilience.

L’opération n’était pas seulement financière : elle s’accompagnait d’engagements ESG clairs et contraignants. La Barbade s’est engagée à consacrer 30 % de sa zone économique exclusive à la conservation marine d’ici 2050, contre une couverture quasi nulle avant l’opération. Les économies budgétaires dégagées par le rachat de dette doivent être dirigées vers le Barbados Environmental Sustainability Fund (BESF), nouvel instrument créé pour financer la protection des océans et soutenir les activités liées à l’« économie bleue ». Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements, il devra effectuer des paiements additionnels au BESF ; à l’inverse, une fois les objectifs atteints, les fonds pourront être restitués au budget national.

Cette transaction incarne l’essor des “debt-for-nature swaps” nouvelle génération. Là où les opérations passées concernaient souvent des montants limités et reposaient sur des concessions bilatérales, la Barbade a mobilisé les marchés internationaux avec l’appui d’institutions multilatérales et d’un acteur de la société civile comme TNC. En combinant ingénierie financière, garanties solides et objectifs de durabilité, le Blue Facility démontre qu’il est possible d’alléger le fardeau de la dette tout en accélérant la transition écologique.

L’actualité à retenir

🇿🇲 Zambie : restructuration de la dette encore reportée à 2026


📅 19 septembre 2025

📌 Contexte
La Zambie, premier producteur africain de cuivre, est aussi l’un des pays les plus endettés du continent. En 2020, Lusaka était devenue le premier État africain à faire défaut durant la pandémie, ouvrant une longue séquence de négociations complexes avec ses créanciers. Après plus de trois ans de discussions, un accord de réduction de dette avait été trouvé avec les créanciers privés en 2024, mais certains points bloquent encore la sortie officielle du défaut.

⚡ Actualité
Le 19 septembre, le secrétaire au Trésor Felix Nkulukusa a indiqué que la restructuration ne serait pas finalisée avant 2026. Le blocage concerne la African Export-Import Bank (Afreximbank) et la Trade and Development Bank (TDB), qui détiennent près de 8 % de la dette en restructuration. Ces banques de développement refusent d’être traitées comme des créanciers ordinaires, craignant une dégradation de leur notation si leur « statut de créancier privilégié » est remis en cause. En parallèle, Lusaka négocie une extension d’un an de son programme FMI de 1,3 Md USD, qui expire en janvier 2026, afin d’assurer la continuité jusqu’aux élections présidentielles d’août.

🔮 Perspectives
La croissance devrait atteindre +5,8 % en 2025 et +6,4 % en 2026, soutenue par le secteur minier et la stabilisation du kwacha. L’inflation est attendue autour de 7 % début 2026, contre près de 13 % aujourd’hui. Mais sans résolution du blocage, le pays restera en défaut technique, ce qui retarde les investissements nécessaires aux infrastructures (routes, rails).

🎯 Un cas d’école en Sovereign Advisory
La Zambie illustre la complexité des restructurations de dette souveraine, en particulier face au dilemme des banques régionales de développement. Ce cas pose la question de la coordination entre créanciers publics, multilatéraux et privés, et des solutions innovantes (concessional loans, soutien panafricain) pour préserver la crédibilité des institutions tout en assurant la soutenabilité de la dette des États.

📌 Sources : Reuters

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Le graphique à connaître

Selon le FMI, les chocs importants qui ont frappé l’économie mondiale au cours des cinq dernières années ont pesé plus lourdement sur les pays à faible revenu ainsi que sur les États fragiles et touchés par des conflits.

La reprise post-pandémique des pays à faible revenu a pris du retard par rapport à celle des économies de marché émergentes, qui ont amorcé leur redressement dès 2021, bien que de fortes disparités subsistent.

Parmi les pays à faible revenu, définis comme les 70 pays éligibles aux prêts concessionnels du FMI (au titre du Poverty Reduction and Growth Trust), 38 d’entre eux — les plus avancés, disposant de revenus plus élevés, d’exportations diversifiées et d’un accès aux marchés internationaux de capitaux — ont enregistré une croissance moyenne de 5,3 % sur la période 2022-2024. Comme l’illustre le graphique de la semaine publié par le FMI, cela se compare à 3,3 % pour les 32 pays les plus pauvres du groupe. Pour les États fragiles et en situation de conflit, la croissance n’a été que de 2,6 %.

Source : FMI Blog

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Le Sovereign Advisory n’est pas un secteur comme les autres : c’est un cercle ultra-sélectif où seuls les candidats les mieux préparés franchissent la porte. Breaking Into Sovereign est aujourd’hui la seule formation en France à vous donner les méthodes, les cas pratiques et l’accompagnement nécessaires pour faire partie de ces 5 % qui réussissent. Découvrez nos programmes exclusifs directement sur notre site.

Nos premier avis sont entrain de tomber, et c’est positif !

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À très vite,

L’équipe Breaking Into Sovereign

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